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      Del Valle répond à ses détracteurs

Del Valle répond à ses détracteurs   19/06/2006

"J'en ris !"

Alexandre Del Valle répond à ses détracteurs

Propos recueillis par David Reinharc et Serge Lukasiewicz (1) pour le Jerusalem Post
Site Officiel d'Alexandre del Valle : http://www.alexandredelvalle.com

Alexandre Del Valle est un personnage controversé, en particulier pour ses écrits sur l'islamisation de l'Occident. En plus d'être géopolitologue, il est fondateur, avec Rachid Kaci (2), de la Droite libre, cette branche de l'UMP dont le slogan est "une droite décomplexée pour une France forte".

- Vous êtes un des géopolitologues les plus attaqués qui soient. Qu'est-ce qui motive, selon vous, le harcèlement dont vous êtes l'objet ?

- Je pense, sans orgueil aucun, que mes écrits, sérieux et documentés, dérangent des milieux divers fort puissants, parfois contradictoires. Or, comme je suis un chercheur engagé et libre à la fois, je suis capable de chercher et de frapper dans plusieurs directions et de décevoir tous les manichéens qui veulent ranger les gens dans les cases.

J'ai un nombre d'ennemis incroyable ! Ces ennemis, - déclarés ou pas : pro-islamistes et/ou proarabes de gauche, d'extrême gauche et d'extrême droite antisioniste, de milieux diplomatiques ou politiquement corrects pro-islamistes -, ne peuvent pas prouver que j'ai tort ou que je noircis le triste tableau de la vulnérabilité de l'Occident face à l'offensive islamiste radicale et terroriste.

Alors ils n'ont d'autres solutions que de me faire passer pour un dangereux manipulateur, extrémiste ou au passé sulfureux ou aux prétendues amitiés troubles.

Mais l'important est que ma conscience est tranquille. Mes écrits font foi :

aucune haine, aucune profession de foi contraire à l'humanisme qui m'est cher, et aucune déformation des faits. On ne me pardonne pas notamment d'être passé d'une famille politique de départ gaulliste, antiaméricaine et souverainiste à un positionnement libéral proaméricain - mais capable de critiquer les erreurs des Etats-Unis - et pro-israélien.

On refuse de croire qu'un chercheur puisse être à la fois membre d'un parti politique - l'UMP de Nicolas Sarkozy - et indépendant. On me reproche aussi d'avoir comme maîtres ou amis des gens inclassables et libres comme Bat Yé'Or, Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, ou Pierre-Marie Gallois, les premiers qui, en Europe, ont tiré il y a vingt ans la sonnette d'alarme et analysé la menace du totalitarisme islamiste à l'assaut de l'Occident.

On ne me pardonne pas de critiquer l'islamisme non pas comme certains islamophobes en rejetant tout dans l'Islam, mais au contraire en proposant une alternative libérale et progressiste pour le monde arabo-musulman incarné par des musulmans anti-intégristes comme le grand intellectuel tunisien Mezri Haddad, le franco-algérien Rachid Kaci avec qui j'ai créé la Droite libre à l'UMP, l'ancien ministre du Chah Houchang Nahavandi, l'opposant iranien Kaveh Mohsseini, et tant d'autres musulmans qui dénoncent comme Abdelwahhab Medeb, Souheib Bencheikh ou Mohamed Charfi, "la maladie de l'Islam".

Enfin, on ne m'a pas pardonné d'avoir été un peu "trop" médiatisé après les attentats du 11 septembre et d'avoir dans Le Figaro et sur les écrans et radios dénoncé le nouveau Munich occidental et européen face au fascisme islamiste, puis le phénomène de dhimmitude qui frappe progressivement les pays déclinant d'Europe - psychologiquement et démographiquement -, qui s'enfoncent toujours plus dans le syndrome que Bat Yé'Or a nommé Eurabia.


- Ne vous êtes-vous pas compromis en prenant la parole dans des causeries ou salons du livre dont les couloirs étaient arpentés par des hommes d'extrême droite au rugissement haineux ?

- Non, en tout cas pas à mes yeux ni aux yeux des grands résistants ou rescapés de la Shoah ou même des chasseurs de nazis qui m'ont formé ou fait confiance et qui savent que par la présence et le dialogue, j'ai appris plein de choses sur les mouvements totalitaires.

Concernant les gens "au rugissement haineux", je ne les tiens pas pour amis, et je condamne dans mes écrits leurs idées extrémistes. Si j'ai pu entamer une thèse de géopolitique fort documentée sur les Rouges Bruns Verts (extrême gauche, fascismes divers et islamisme) puis contribuer à mieux analyser les contours des nouvelles menaces pour l'Occident judéo-chrétien, c'est bien parce que je suis allé sur le terrain, au Liban, en Afrique, en Amérique latine et parce que j'ai recueilli, avec professionnalisme et pragmatisme, témoignages, interviews, etc.

Mon seul but était d'étudier les nouvelles menaces totalitaires anti-occidentales. Or je pense que personne ne doute que mon camp est celui de l'Europe et de l'Occident ! Comme Nicolas Sarkozy face à Ramadan, je pense que le meilleur moyen de combattre un ennemi est de débattre avec lui pour le confondre et le connaître.


- Vos adversaires vous reprochent votre affinité intellectuelle avec Alain Griotteray. Pouvez-vous nous parler de lui ?

- Rappelons les faits : récemment, les auteurs d'un ouvrage-procès antisioniste dénonçant la soi-disant OPA sur les Juifs de France m'ont notamment accusé d'avoir été jadis repéré et promu au Figaro Magazine et au sein du RPR-UDF par Alain Griotteray, lequel avait osé publier un livre sur la droite molle. Griotteray aurait un jour préconisé une alliance de toutes les droites pour battre la gauche, ce qui permet à mes détracteurs de m'assimiler à la droite radicale.

Or non seulement Griotteray n'a jamais fait alliance avec le Front national de Le Pen, mais il a toujours été l'un des plus grands défenseurs d'Israël en France et zélé combattant de l'antisémitisme.

Griotteray a été le créateur du premier grand réseau de résistants en 1940 en France à une période où les communistes donneurs de leçons de morale faisaient la propagande du Troisième Reïch au nom de l'Alliance Hitler-Staline...


- Quel est le combat que vous menez ?

- Un combat de défense de notre modèle fragile de société, car les sociétés ouvertes qui sont les nôtres ne survivent qu'autant que nous les défendons, du point de vue territorial, humain et idéologique. Karl Popper est l'une de mes références majeures, avec sa contribution historique The Open society and its ennemies.

Or je pense que les ennemis du monde libre sont les mêmes Rouge Brun et Verts, totalitaristes antioccidentaux, antidémocratiques, antilibéraux, antichrétiens, maladivement antiaméricains et antijuifs. Donc liés et convergeant par les mêmes haines.


- Pourquoi, du jour au lendemain, et alors que rien, à ma connaissance, ne vous rattache à cette communauté, vous êtes-vous senti concerné par la condition de l'homme juif ?

- Plus de choses que vous pourriez soupçonner me rattachent à cette communauté ! Je ne l'ai jamais clamé sur les toits comme le font les instrumentalisateurs professionnels et détourneurs de la mémoire juive, mais je vais déroger aujourd'hui à cette pudeur qui permet aux détracteurs de soupçonner n'importe quoi et de délivrer leur théorie du complot d'infiltration des Juifs.

Premièrement, le fait d'avoir subi depuis mon jeune âge l'antisémitisme en raison de mes origines pieds noirs et de mon patronyme réel qui sonne très "Juif tune".

Deuxièmement, le fait d'avoir épousé en 1999 une Juive argentine d'origine ashkénaze dont la famille a été marquée par les pogroms ukrainiens et polonais et la Shoah.

J'ajoute que je fréquente plus les fêtes juives que les fêtes chrétiennes depuis plusieurs années déjà, et que c'est une communauté que j'ai épousée via cette nouvelle famille, communauté de surcroît la plus directement et obsessionnellement touchée et visée par les totalitarismes rouge brun vert que j'étudie et combats depuis des années.

Enfin, je constate que je n'ai jamais été autant attaqué médiatiquement que depuis que je défends Israël et les Juifs de France victimes de l'antisémitisme rouge-brun-vert... Je suis donc une victime directe et indirecte de l'antisémitisme.


- A ceux qui vous accusent d'être un cheval de Troie frontiste, que répondez-vous ?

- J'en ris ! car ceux qui connaissent réellement l'extrême droite et mes perceptions savent que Le Pen me tient pour un agent israélien et que le Front national, comme le GRECE, la nouvelle droite et la quasi-totalité de l'extrême droite me détestent et combattent mes thèses, pas uniquement "sionistes", mais également relatives à la nécessité d'édifier un Islam de France républicain et de réussir l'intégration des immigrés.

Ce à quoi je travaille avec Rachid Kaci, Mezri Haddad, Kaveh Mohsseini, Jbil Kébir et tant d'autres musulmans français modérés que l'extrême droite déteste autant que les islamistes car immigrés, alors que ces musulmans non intégristes sont pour moi des frères et des compatriotes à part entière comme tous les autres Français de toute origine du moment que, comme l'a dit Nicolas Sarkozy, les lois de la République et le respect du drapeau français sont observés.


- Que pensez-vous de la politique de retrait unilatéral des derniers gouvernements israéliens ? Quel peut en être l'impact géostratégique sur la région selon vous ?

- J'ai toujours pensé qu'Ariel Sharon qui en est à l'origine est un génie stratégique et géopolitique. L'avenir dira s'il a eu politiquement raison ou géopolitiquement tort...


(1) David Reinharc est directeur littéraire et journaliste. Serge Lukasiewicz est enseignant à l'université Bar-Ilan.
(2) Voir Le Jerusalem Post édition française n° 771. 


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