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      La loi empêchera le mensonge, pas la liberté d'expression

La loi empêchera le mensonge, pas la liberté d'expression   11/05/2006

La loi empêchera le mensonge, pas la liberté d'expression

Par Jean Sirapian
Président de l'Institut Tchobanian
Directeur de la revue Europe&Orient

11 mai 06

Aujourd'hui la Turquie qui frappe à la porte de l'Union Européenne tente d'exporter le négationnisme enseigné dans les écoles de la République turque, en France et en Allemagne en attisant les sentiments ultranationalistes des ressortissants turcs vivant dans ces deux pays en utilisant des officines d'extrême droite comme les Loups Gris. Devons nous attendre sans rien faire pour qu'un antagonisme communautaire voie le jour en France ou ailleurs créant ainsi le désordre public comme on l'a vu récemment à Lyon et à Berlin ? 

Car n'en doutons pas ce qui s'est passé à Lyon et à Berlin n'est qu'un coup d'essai pour vérifier la résistance des autorités à faire face à des tentatives de destruction des valeurs universelles auxquelles nous, européens, croyons. N'est-il pas du devoir des hommes politiques de faire face au chantage honteux de l'Etat profond turc qui se permet de s'ingérer dans les affaires intérieures de la France mettant dans la balance des contrats hypothétiques juteux ? Certains hommes politiques à qui manquent du courage et des convictions pour exercer ce noble métier croient acheter la paix en reculant devant la menace. Ils auront le désordre et le déshonneur. Car n'oublions pas, c'est la Turquie qui a besoin de l'Europe et non l'inverse.

" La notion de civilisation n'a pas de sens si elle n'implique pas la reconnaissance du génocide. Si Jean Jaurès a déclaré à son époque que l'humanité ne pouvait pas vivre avec un cadavre dans sa cave, l'image n'est pas assez forte car le problème n'est pas tellement le cadavre mais le bourreau dans la maison. " écrit Prof. Lygeros.

La Turquie a toujours exploité la loi du plus fort et la guerre afin d’imposer sa diplomatie en matière d’affaires étrangères. Quant aux affaires intérieures elle a préféré l’utilisation généralisée du génocide pour parvenir à ses fins. Avec le négationnisme d'Etat elle soutient une approche que sa propre histoire remet en cause de manière formelle. De facto, elle est dans un contexte absurde que seuls la reconnaissance et le principe de réparation pourront résoudre.

La politique française doit reprendre l'initiative au niveau européen et ce, particulièrement, dans le domaine des droits de l'homme, puisque la Charte des droits fondamentaux n'est pas encore appliquée. Aussi les hommes politiques n'auront pas à rendre compte seulement au peuple arménien mais à la structure européenne elle-même.

Un des arguments de la propagande turque à l’encontre de la reconnaissance du génocide des Arméniens, consiste à dire que ce n’est pas la loi qui fait l’histoire. Il est vrai que cet argument sonne bien du point de vue rhétorique même si l’histoire elle-même le contredit avec le procès de Nuremberg. Dire que voter cette loi gênera la recherche de la vérité est absurde. La loi empêche le mensonge, pas la liberté d'expression.

Ainsi le 18 Mai sera le jour de la vérité. Nous compterons ce jour-là ceux qui auront le courage de leurs convictions et désireux de terminer le travail commencé en 2001 mettant de côté des calculs mesquins de récupération ou de manipulation politique.

Ce jour-là, nous nous souviendrons non pas des paroles de nos ennemis, mais du silence de nos amis.


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