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      Nuit turque

Nuit turque   17/02/2006


Coup de coeur de La Lettre de l'ADL

Nuit turque 

récit de Philippe Videlier

http://livres.telerama.fr/edito.asp?art_airs=M0602131809586&vrub=3&vpage=a_la_une&vsrub=1

 

" Que les histoires des anciens soient une leçon pour les modernes… " 
Ainsi commence cette Nuit turque, par une épigraphe des plus évidentes, des plus oubliées aussi. Dire, sans cesse, l’histoire afin que ses folies, ses horreurs ne se répètent plus, c’est le travail de Philippe Videlier, historien, chercheur au CNRS. Un travail qu’il mène aussi en écrivain. Déjà, en 2001, il nous avait surpris avec Le Jardin de Bakounine et autres nouvelles de l’histoire (1), un recueil de textes porté par une écriture subtile, racée. S’y côtoyaient des figures historiques – Bakounine, Lénine, Pancho Villa – devenues iconoclastes héros de fiction. Nuit turque raconte une des premières tragédies du début du XXe siècle : l’anéantissement programmé par l’Empire ottoman du peuple arménien. Aux portes de l’Europe, le pire advint, qu’aujourd’hui encore certains (la Turquie, les USA…) nient de façon éhontée.

Philippe Videlier, faits historiques à l’appui brillamment mis en perspective, emprunte aux contes des Mille et Une Nuits une narration aussi gouleyante que sauvage. C’est violent puisque violences il y eut. Et c’est aussi piquant, d’un humour insolent et donc salvateur : l’histoire ne serait-elle pas aujourd’hui en train de bégayer ?

Martine Laval
Télérama n° 2927 - 15 février 2006

(1) Ed. Gallimard. 
Ed. Gallimard, 140 p., 11 €.

 

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Derrière les triples murailles du palais de Yildiz, à Constantinople, porte de l’Europe, le Sultan trame de noirs complots. Le sang coule sur la Corne d’Or. Le sang coule en Anatolie. Des comités secrets, les exilés politiques de Paris, les militaires de Salonique organisent la révolution. Mais l’aventure tournera mal : guerre dans les Balkans, au Caucase, terreur sur l’Empire ottoman.

1915. L’ordre d’anéantissement des Arméniens est donné. Ce qui avait des allures de conte, l’histoire du Sultan et des trois Pachas, se terminera en tragédie.

« Que les histoires des anciens soient une leçon pour les modernes, afin que l’homme voie les événements qui arrivent à d’autres qu’à lui : alors il respectera et considérera attentivement les paroles des peuples passés et ce qu’il leur advint, et il se réprimandera. Aussi gloire à qui réservera les récits des premiers comme une leçon à l’intention des derniers. »


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