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      Lettre à l'Ambassadeur d'Israel

Lettre à l'Ambassadeur d'Israel   24/08/2005

EUROPE DE LA MEMOIRE
Le Président

Son excellence M.Nissim ZVILI
Ambassadeur d’Israël en France
3 rue Rabelai
75008 PARIS

Paris, le 24 août 2005

Monsieur l’Ambassadeur,

Je me permets d’appeler votre attention sur les propos attribués à votre collègue, son excellence M.Pinhas Avivi, Ambassadeur d’Israël en Turquie, concernant notamment le génocide arménien de 1915, lors de l’interview qu’il a accordé au quotidien Hürriyet.

En effet, dans son édition du 19 courant, ce quotidien rapporte comme déclaration de M. l’Ambassadeur qu’ " il est erroné d’établir des parallèles entre le soi-disant génocide arménien et le génocide juif. J’ai un grand respect pour les décisions du gouvernement et du peuple turc concernant le problème arménien. Nous croyons que pour atteindre un consensus sur ce problème, il doit être débattu sur le fond par des historiens et non pas par des politiciens. La Turquie a déjà ouvert ses archives et c’est très important ".

Dans la mesure où des propos peuvent être déformés surtout par une certaine presse, je m’adresse donc à vous pour que vous puissiez, après avoir pris l’attache de M. l’Ambassadeur Avivi, m’indiquer la véritable teneur de ses propos, car en l’état, ils provoqueraient immanquablement une vive émotion parmi les descendants des victimes du génocide, mais aussi, me semble-t-il auprès de leurs très nombreux amis.

La négation officielle du génocide arménien de 1915 reste malheureusement une constante des autorités turques, alors que tous les historiens sérieux sont unanimes et déjà mobilisés depuis plusieurs années. Leurs travaux sont abondants et je tiens à rappeler que pendant le processus législatif engagé en France, 126 spécialistes mondiaux de la Shoah, dont le Directeur de Yad Vashem ont insisté sur la reconnaissance du caractère génocidaire des événements survenus dans les années 1915 et 1916, dans l’Empire ottoman.

De même, il ne serait aucunement souhaitable d’établir des parallèles entre les génocides, ni de définir des degrés dans l’horreur. En effet, il s’agit à chaque fois de victimes innocentes, exterminées en masse. Leur négation relève d’une nouvelle atteinte à la dignité de tout un peuple et aucune justification, même au nom d’une sans doute nécessaire realpolitik ne serait compréhensible. C’est pourquoi nous travaillons en France, en Europe mais aussi partout ailleurs pour que la mémoire des victimes des horreurs survenues entre 1915 et 1945 puisse être maintenue, respectée et transmise. Comme vous le savez, c’est la raison principale de la création d’Europe de la Mémoire; la vigilance et la lutte contre tous les négationnismes et l’antisémitisme est donc pour nous, une priorité absolue, une exigence morale et politique.

Je vous remercie pour toute l’attention que vous voudrez bien accorder à la présente, et vous prie de croire, Monsieur l’Ambassadeur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Alexis GOVCIYAN


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