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      Opposition au sein du Conseil européen à l'adhésion de la Turquie

Opposition au sein du Conseil européen à l'adhésion de la Turquie   18/07/2005

Opposition au sein du Conseil européen à l'adhésion de la Turquie

Les ministres européens des Affaires étrangères discuteront début septembre de l'ouverture controversée des négociations d'adhésion de la Turquie et de la Croatie, a indiqué le ministre britannique, Jack Straw, dont le pays préside l'UE. La date d'ouverture des négociations avec Ankara avait été fixée au 3 octobre en décembre dernier par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Mais les Etats membres doivent encore approuver le cadre dans lequel se dérouleront les négociations.

La présidence britannique de l'Union prépare avec grande habileté l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie, le 3 octobre. Consciente des risques de dérapage sur la ligne d'arrivée, elle slalome entre les piquets plantés par la France, l'Allemagne et l'Autriche, les trois Etats membres les plus hostiles à l'élargissement d'après un sondage Eurobaromètre publié hier.

Le sondage Eurobaromètre indique une opposition de 65% des personnes interrogées à l'entrée de la Turquie.

Favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Europe, Jack Straw, le chef de la diplomatie britannique, a coupé court, hier, à toute polémique, à l'occasion d'une réunion des ministres des Affaires des Vingt-Cinq à Bruxelles. Le sujet était inscrit à l'ordre du jour. Le commissaire à l'Elargissement, le Finlandais Oli Rhen, présentait aux ministres le cadre des négociations, adopté début juillet par la Commission pour débuter ses pourparlers «d'adhésion» avec la Turquie. «Adhésion» : le mot fatidique a été prononcé plusieurs fois au grand dam des délégations française, allemande et autrichienne, de plus en plus embarrassées par les promesses faites à Ankara.

«L'élargissement ne relève pas seulement de la politique étrangère», insistait hier le ministre français, Philippe Douste-Blazy. «c'est aussi et surtout, pour de nombreux citoyens, de la politique intérieure», a ajouté le ministre, confirmant le virage de la diplomatie française sur la Turquie depuis le non au référendum. Deux autres ministres européens ont pris la parole, hier, contre la Turquie : l'Autrichienne, Ursula Plasnik, et son homologue chypriote, tous deux interrompus par Jack Straw.

Le chef de la diplomatie chypriote a eu le temps de répéter son opposition à tout progrès tant qu'Ankara n'aura pas reconnu officiellement la République de Chypre, seule précondition restante pour l'ouverture des négociations le 3 octobre. Devancé par le ministre autrichien des Finances, qui a réclamé hier un «ajournement des pourparlers» avec la Turquie, le chef de la diplomatie autrichienne, Ursula Plasnik, a répété les réticences de Vienne.

Prétextant un ordre du jour chargé concernant le Proche-Orient et l'Afrique, Straw a invité les ministres à reparler de tout cela le 3 septembre. Les Britanniques jouent la montre. Alors que le 3 octobre approche, ils refusent d'entrer dans une discussion de fond sur «l'avantage stratégique» de faire entrer la Turquie dans l'Union. Il fut un temps où le terrorisme islamique était un argument en faveur de l'intégration de cet immense pays musulman mais laïque, en proie lui aussi aux attentats kamikazes. Straw s'en est tenu à la procédure sans aborder le fond du sujet. «L'intérêt stratégique de l'Europe, c'est d'avoir la Turquie dans l'Union, a-t-il indiqué. Mais nous sommes conscients des problèmes d'opinion publique dans plusieurs Etats membres.» 

(AFP-Le Figaro, 18 juillet 2005)


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