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      Communiqué du Ministère des Affaires étrangères de la République de Turquie

Communiqué du Ministère des Affaires étrangères de la République de Turquie   16/06/2005

Communiqué du Ministère des Affaires étrangères de la République de Turquie
 
en date du 16 juin 2005

Le Parlement Fédéral d’Allemagne a, ce jour [16 juin], adopté une résolution portant sur les allégations arméniennes relatives aux événements survenus en 1915 et proposée conjointement par les partis représentés au Parlement. Nous regrettons vivement cette décision et la condamnons avec force.

Nous avons fait connaître à nos interlocuteurs allemands, à tous les niveaux, notre opinion sur cette résolution qui figure à l’ordre du jour du Parlement d’Allemagne depuis environ trois mois. Nous avons souligné son contenu unilatéral, pointé les graves erreurs et les insuffisances du texte, et attiré l’attention sur le fait que son adoption, en particulier de la part d’un pays comme Allemagne, alliée de toujours, blesserait profondément le peuple turc et aurait des conséquences négatives sur nos relations bilatérales.

Cependant, nous constatons avec regret que tous ces avertissements n’ont pas été pris en compte par le Parlement Fédéral d’Allemagne.

Il est clair que cette décision obéit à des calculs de politique intérieure. L’instrumentalisation d’un sujet aussi sensible pour de petits calculs de politique intérieure est une preuve d’irresponsabilité et d’étroitesse de vue.

Les initiateurs de cette résolution adoptée par le Parlement Fédéral, en donnant place à des assertions sans aucun fondement comme celle selon laquelle "la quasi totalité des Arméniens d’Anatolie a été anéantie", ont montré qu’ils étaient dépourvus de connaissance historique.

Cette résolution contient également des propositions extrêmement dangereuses, provocatrices et irresponsables, comme la recommandation faite au Gouvernement Allemand d’intégrer dans les programmes scolaires "la déportation et l’anéantissement des Arméniens", qui auront pour conséquence de faire naître au sein de la jeunesse allemande un sentiment d’animosité envers les Turcs.

La République de Turquie est en paix avec son histoire. Estimant que les événements historiques doivent être évalués par les historiens et les experts, et non par les parlements, la République de Turquie a ouvert ses archives à tous les chercheurs, y compris ceux d’origines allemande et arménienne, et a officiellement proposé à l’Arménie de constituer une commission conjointe afin d’étudier les relations turco-arméniennes durant la période ottomane.

La Turquie a une tradition étatique établie et n’a pas besoin des décisions de parlements de pays tiers pour faire l’évaluation d’une quelconque période historique, dès lors qu’elle repose sur des documents. Toutefois, si, comme il est affirmé dans sa résolution, le Parlement Fédéral d’Allemagne ressent le besoin de se confronter à sa propre histoire, il doit le faire non pas sur le dos de la Turquie ni sur la base d’événements reposant sur des allégations sans fondement, mais dans le cadre de ses propres responsabilités historiques.


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