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      La Suisse dans le collimateur de la Turquie

La Suisse dans le collimateur de la Turquie   6/05/2005

 

La Suisse dans le collimateur de la Turquie

GENOCIDE, jeudi 5 mai 2005 – ARMENEWS

L’enquête préliminaire ouverte contre l’historien turc Yusuf Halacoglu, accusé de négation du génocide arménien par un procureur de Winterthur a provoqué de violentes réactions en Turquie. Le ministre turc de la justice Cemil Cicek a condamné une " campagne contre la Turquie ", menée grâce à une " construction juridique bâtie sur des mensonges ", estimant que " la Turquie a la conscience tranquille ". Quant au ministre des affaires étrangères Abdullah Gul, il a estimé que les autorités helvétiques commettaient une " grave erreur ". Il avait convoqué la semaine dernière l’ambassadeur suisse à Ankara, l’ambassade turque à berne ayant également protesté auprès du gouvernement suisse. Les autorités turques se sont toutefois dites rassurées du fait qu’aucun mandat d’arrêt n’a été délivré contre le professeur turc, contrairement à ce qu’avait affirmé la presse turque, tentée comme d’habitude d’attiser le feu.

Le principal intéressé, M. Halacoglu, a lui aussi réagi très fermement à l’annonce de cette enquête, estimant dans le journal Hurriyet que les reproches des autorités suisses ne lui étaient pas personnellement destinées mais qu’ils visaient plutôt l’Etat turc. Cette enquête laisse apparaître une " mentalité moyennageuse " a affirmé l’historien, président de l’Institut d’histoire turque (TTK) dans un autre entretien, accordé au journal Sabah, auquel il a indiqué ne pas avoir l’intention de se défendre, au cas où un procès serait ouvert contre lui en Suisse. Il a néanmoins précisé qu’il ferait alors appel à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.

Le procureur de Winterthur, Andrej Gnehm avait ouvert une enquête pénale contre M. Halacoglu, suite à une conférence que l’historien, qui est l’un des représentants de la position officielle turque sur le génocide arménien, a tenu dans cette ville en mai 2004. La Turquie est manifestement plus démocratique que les Etats européens, a encore affirmé M. Halacoglu dans le journal Zaman, en en voulant pour preuve qu’elle ne punirait pas les intellectuels qui parlent de génocide dans le contexte de la question arménienne. Mais s’il faisait allusion à Orhan PamuK, qui avait évoqué en début d’année le massacre de plus d’un million d’Arméniens dans l’Empire ottoman, l’exemple était mal choisi, ces déclarations ayant valu à celui-ci de violentes attaques en Turquie. M. Halacoglu a enfin fustigé dans Hurriyet les efforts réalisés en France, en Belgique et en Suisse en vue de renvoyer devant la justice les personnes niant le génocide arménien, en y voyant des atteintes à la liberté d’opinion et à la démocratie. " Galilée a aussi été traduit en justice et pourtant le monde a continué de tourner " a conclu l’historien, qui n’entend pas changer d’avis concernant la question arménienne.


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