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      Un humanisme et une démocratie de circonstances

Un humanisme et une démocratie de circonstances   28/01/2005

LE BRANDEBOURG AVALISE LA POLITIQUE NEGATIONNISTE DE LA TURQUIE CONCERNANT LE GENOCIDE DES ARMENIENS

"L'Occident a malheureusement un humanisme et une démocratie de circonstances !" 
écrit Roger AKL, le secrétaire générale de l'Institut Tchobanian, au journal Le Figaro.

 
Bruxelles, Belgique (FEAJD) - Suite aux pressions de la Turquie, le gouvernement de
l’Etat de Potsdam a ordonné la suppression de la mention du génocide des
Arméniens des directives pédagogiques de son Ministère de l’Education,
préparées à l’intention des enseignants de ce land allemand.

C’est en 2002 que le land de Brandebourg avait inclus l’enseignement du
génocide des Arméniens dans le cursus scolaire. Cependant, dès le mois
d’octobre 2004, le Ministère de l’Education avait décommandé un livre sur le
génocide des Arméniens que l’Institut des Génocides et des Diasporas de
Bochum avait préparé à la demande du même Ministère. Ce livre devait être le
premier d’une série de trois traitant de la question des génocides et de la
violence collective au XXème siècle. La commande avait été dénoncée après le
remplacement de l’ancien Ministre de l’Education par M. Holger Rupprecht
(SPD), obéissant ainsi aux injonctions du Premier Ministre de Brandebourg,
M. Matthias Platzeck à la suite des pressions de la diplomatie turque.

«  Le génocide des Arméniens est inséparable de la mémoire de l’Europe ; il
est la première réalisation génocidaire de notre histoire commune » a
déclaré Mihran Dabag, le directeur de l’Institut des génocides et des
Diasporas de l’Université de Bochum.

«  En ces jours de commémoration des victimes des camps nazis, si nous
sommes sincères dans la lutte déclarée contre le négationnisme, notre pays
doit donner une réponse ferme au négationnisme de la Turquie ; le
gouvernement de Brandebourg doit revenir sur cette décision et réaliser le
projet d’enseignement des génocides » a conclu le professeur Dabag.

La décision du gouvernement de Potsdam a provoqué un tollé général dans
l’opinion publique allemande ; des dizaines d’articles (disponible sur le
site Internet www.eafjd.org) et d’émissions télévisées, des figures
politiques de tous bords ont dénoncé l’attitude inadmissible des autorités
du land.

 
La Fédération Euro–Arménienne considère cette décision des autorités locales
allemandes comme symptomatique du manque de courage d’une certaine classe
politique européenne : elle considère que cette attitude encourage la
Turquie à importer son négationnisme en Europe. Elle déplore les lourdes
conséquences que la participation de la classe politique au mensonge de
l’Etat turc aura sur la construction européenne.

« Comment croire aux déclarations de bonne volonté des dirigeants allemands
à Auschwitz lorsque ces mêmes dirigeants permettent d’instiller le
négationnisme dans les esprits des enfants allemands ? »  s’est interrogée
Hilda Tchoboian, Présidente de la Fédération.
« Le 90ème anniversaire du génocide doit marquer la fin de la complicité par
le silence dont l’Europe a fait preuve pendant l’extermination des
Arméniens. Nous appelons l’ensemble des forces politiques allemandes à faire
de cet événement condamnable l’occasion d’un acte de justice digne d’un
grand pays » a déclaré la Présidente de la Fédération Euro-Arménienne.

De son côté Roger AKL, le secrétaire général de l'Institut Tchobanian a déclaré au journal Le Figaro :

"L'Occident a malheureusement un humanisme et une démocratie de circonstances. Quand la Turquie a été battue en 1918, ils ont parlé du génocide des Arméniens. Quand l'Allemagne, même ennemie, était puissante, ils ont fermé les yeux sur le génocide des Juifs. Quand elle a été battue, ils se sont réveilles, battu leur coulpe et ont reconnu la Shoah. 

Aujourd'hui la Turquie est puissante, alliée des Etats-Unis et d'Israël, ils en ont oublié tout son comportement inhumain passé et présent (le génocide des Arméniens n'est pas le seul. Quid de son occupation de Chypre, pays de l'Union ?) et veulent l'accueillir en Europe. 

L'Europe est-elle vraiment démocratique ?  Je ne suis pas le seul à en douter."


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