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      UE / TURQUIE : UN NOUVEAU YALTA

UE / TURQUIE : UN NOUVEAU YALTA   20/12/2004

INSTITUT TCHOBANIAN
wwwtchobanian.org 

COMMUNIQUE DE PRESSE
Paris, le 20 décembre 2004, # IT20041220-1

UE / TURQUIE : UN NOUVEAU YALTA
LA FRANCE ET L’EUROPE CAPITULENT SANS CONDITION 

Contre l’avis de l’opinion public, le Conseil européen, réuni à Bruxelles les 16 et 17 décembre 2004, a décidé d’ouvrir, sans conditions préalables, les négociations d’adhésion avec la Turquie. Le début des discussions interviendra, sauf coup de théâtre, dès le 3 octobre 2005.

Les dernières discussions butaient sur la question de l’île de Chypre, non reconnue par la Turquie et dont une partie est toujours occupée par l’armée depuis 30 ans. Le vendredi matin, des difficultés sont apparues, liées au refus catégorique du Premier ministre turc de signer un protocole d’accord portant sur l’extension de l’union douanière entre Ankara et les dix nouveaux membres de l’Union, et qui aurait signifié la reconnaissance implicite de l’Etat chypriote. Finalement, le Conseil a cédé à toutes les exigences turques en acceptant de surseoir à cette signature qui, espère-t-il, devrait intervenir avant le 3 octobre 2005.

La Turquie reçoit donc un feu vert pour le début des négociations sans avoir accédé aux exigences des populations et des représentations de l’Union – et en particulier à celles formulées mardi 14 décembre par le Parlement européen - que les chefs d’Etat et de gouvernement ont, dès le départ, renoncé à présenter.

Ainsi les questions de droits de l’Homme – la torture, l’émancipation des femmes, la question kurde ou la reconnaissance du génocide des Arméniens– n’ont même pas été évoquées par le Conseil. Quant à Chypre, les instances européennes se satisfont des promesses incertaines émises par M. Erdogan.

Par ailleurs, la Turquie a réussi à faire accepter, dans les conclusions du Conseil, l’idée que le processus de négociation ne puisse être interrompu que sur la demande d’un tiers des Etats membres et non plus d’un seul d’entre eux.

" Sur ce point le Président Chirac a trompé les Français en leur miroitant un referendum dans quinze ans pour se prononcer sur l’adhésion turque " a déclaré Jean Sirapian, directeur de l’Institut Tchobanian. " Avec l'accord signé le 17 decembre il faudra trouver neuf ou dix pays pour arrêter les négociations en cours de route alors que le 15 décembre sur TF1 il annonçait qu'à tout moment, chaque pays pourrait interrompre les négociations. Comment faire confiance dans ce cas pour un referendum hypothétique dans quinze ans où, de plus,  le Président actuel ne sera plus là ! Nous ne pouvons pas appeler cela une négociation, c’est plutôt une capitulation, un nouveau Yalta.  L’Europe politique a, une fois de plus, montré sa faiblesse" fustige J. Sirapian. " Ce résultat désolant reflète certes la rigidité d’Ankara, qui n’a rien cédé, mais aussi l’impuissance des structures politiques de l’Union qui a encouragé la concession des chefs d’Etat et de gouvernement. Si la Turquie arrive à s’imposer ainsi, sans être encore membre de l’UE, pensez ce qu’elle fera une fois dans l’UE " a-t-il ajouté.

" Nous avions commencé à briser la conspiration du silence concernant les sujets comme le génocide des Arméniens, les droits des minorités et le blocus de l’Arménie. Toutefois, si les responsables Européens n’ont plus la faculté, ou je dirai même la volonté, de défendre les valeurs européennes face à une Turquie nationaliste et négationniste, alors ce sont les citoyens de l’Union qui doivent agir pour préserver ces valeurs. Nous travaillerons dans ce sens dans les mois à venir. 

André Santini avait peut-être raison quand il avait dit que ‘nous (les Arméniens) étions les derniers défenseurs de l’Europe’" a-t-il conclu Jean Sirapian.



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