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      Incivilité et décadence (2eme partie)

Incivilité et décadence (2eme partie)   28/02/2004

Unité de l’Europe et liens civils
Incivilité et décadence
par Roger Akl

La religion et les fondements de la démocratie occidentale.

Le vide moral entraîne le vide démographique et la déchéance.

Le vide moral et spirituel de l'Occident a créé un vide démographique qui laisse la porte ouverte à un changement forcé et inéluctable de civilisation et de culture.

Car, l'être humain, malgré les promoteurs du dialectisme matérialiste et " laïc ", a besoin de spiritualité. Quand les mouvements de libération détruisent le Dieu libéral de l'Occident, les gens y importent d'autres dieux. C'est pour cela qu'on y a vu la prolifération des sectes et l'importation d'autres religions.

La recherche du bonheur individuel entraîne la diminution des familles. Les divorces augmentent. Les enfants ne sont plus protégés et sont traumatisés par l'instabilité résultante.

Les hommes ne veulent plus se marier. Car, ils préfèrent changer de partenaire quand bon leur semble.

Les femmes ne veulent plus avoir d'enfants, pour ne pas être limitées par des grossesses et des enfants qu'il faut élever. Il est vrai que les libertés de la femme sont sacrées, comme toutes les libertés. Mais quand ces libertés produisent un vide démographique, à cause de la pilule ou de l'avortement, elles deviennent nuisibles à la nation tout entière.

Quand les libertés d'une personne s'opposent à la vie, elles deviennent criminelles. Le nombre d'enfants éliminés, par avortement, se chiffre en millions. Ceux, qui n'ont pas eu le droit à l'existence, à cause de la pilule, sont encore plus nombreux.

Certains pays ont permis l'euthanasie. C'est la porte ouverte à toutes les pressions pour encourager, à choisir la mort, les personnes jugées inutiles, car trop malades ou trop vieilles. Heureusement, on n'en est pas encore à permettre de les éliminer purement et simplement, pour raisons " économiques ou humanitaires ".

L'Europe vieillit et périclite. C'est ce que le Pape a appelé " la culture de mort ".

Il faudrait donc, pour continuer à produire, augmenter les heures de travail et retarder l'âge de la retraite. Mais cela est contraire à la culture du bien-être. On veut travailler moins et partir en retraite plus tôt. La charge des retraités augmente alors que les heures productives diminuent.

On est donc forcé d'importer une main-d'œuvre étrangère. Or, pour l'Europe, la main-d'œuvre la plus proche vient de pays musulmans, qui, eux, sont croyants.
L'islam est une religion politique qui proclame que tout pouvoir émane de Dieu.  Ce qui est contraire à la démocratie de type occidental qui veut que le pouvoir vienne du peuple.

Il y a là une contradiction que certains attribuent à l'islam. Or, ce n'est pas la faute de l'islam si, en Europe, on a besoin des musulmans pour accomplir le travail que les Occidentaux ne veulent plus faire à cause de leur égoïsme.

On voudrait bien accueillir les musulmans à condition qu'ils acceptent la démocratie de type occidental. Cela équivaut à leur demander à renoncer à leurs croyances, quand ils seront la majorité. Est-ce raisonnable ?

Chapitre III
Islam, pouvoir et démocratie.

" Dieu ruse aussi. Dieu est le plus fort de ceux qui rusent ".
Le Coran (3/54, 13/42, 16/26).

Le judaïsme, le christianisme et l'islam adorent le même Dieu. Mais ils le connaissent différemment. De là, découlent une culture et une civilisation différentes.

Dieu, en Islam, est clément et miséricordieux. Mais Il impose la conduite à suivre. Il est autoritaire. C'est pour cela que la civilisation musulmane ne peut pas accepter la démocratie de type occidental.

Car, pour l'islam, le pouvoir émane de Dieu et non du peuple. Peuple, dirigeants et individus doivent obéir à Sa Loi (la Charia), qu'ils soient musulmans ou non.
La Charia donne des règles politiques, économiques, sociales, civiles que tout musulman doit appliquer, tant dans sa vie civile que politique.

La Charia offre des instructions sur tous les aspects de la vie. Elles couvrent la conduite, l'hygiène, la santé, le statut civil (héritage, mariage), des méthodes de gouverner et de conduire ses affaires, et même comment s'habiller.
La démocratie de type occidental est donc contraire à la Loi dictée par Dieu à tout musulman.

C'est pour cela que, jusqu'à maintenant, aucun pays à majorité musulmane n'a pu légiférer sans tenir compte de la Charia.  Les non musulmans, quand ils n'y sont pas franchement opprimés, n'y ont pas les mêmes droits.
De même, le pouvoir, émanant de Dieu, ne peut être exercé que par un musulman. C'est pour cela qu'un musulman peut épouser une chrétienne, car l'homme est le chef de la famille. Le contraire n'est pas possible en pays d'islam.

L'expérience libanaise a été le premier essai démocratique, de vie en commun et de partage du pouvoir, entre musulmans et non musulmans. On ne peut pas dire qu'elle a réussi. Car l'application de lois religieuses différentes, suivant les confessions, ne permet pas d'appliquer une loi commune à tous les citoyens du même pays.

De même, chrétiens et musulmans libanais ne pouvaient pas s'entendre sur la finalité de leur patrie, le Liban. Pour les chrétiens, le Liban est un pays indépendant. Pour les musulmans, il fait partie de la nation arabe et musulmane. Les guerres du Liban ont abouti à une victoire politique musulmane qui  a changé la constitution du Liban et amoindri les pouvoirs du président chrétien.

Le problème ne se pose pas encore en Europe, d'une façon aiguë, car les musulmans y sont minoritaires. Il leur est permis d'obéir à un pouvoir infidèle tant qu'ils n'ont pas la force de le remplacer par un pouvoir musulman.

Car il est écrit dans la sourate 3, verset 28 :
" Que les croyants ne prennent pas pour patrons des mécréants au lieu des croyants et quiconque le fait n'est en rien de Dieu, à moins que vous ne craigniez d'eux quelque crainte ".

De même, on peut trouver dans un des Hadiths (Abou Saïd al-Khoudry) :
" J'ai entendu le Messager d'Allah (Mahomet) - qu'Allah le bénisse et lui accorde le salut - s'exprimer en ces termes : Celui d'entre vous qui voit une chose répréhensible, qu'il la redresse de sa main ; s'il ne le peut, que ce soit en usant du langage ; s'il ne le peut, que ce soit en la réprouvant en son for intérieur : 
C'est là le moins qu'on puisse exiger de la foi. "

Cela ferait craindre à certains qu'un accord accepté par l'islam, en position de faiblesse, puisse être annulé quand l'islam devient le plus fort. Ce fut une des raisons sous-jacentes des conflits libanais.

Cela a poussé certains Européens à se demander si les musulmans, devenus de plus en plus nombreux dans leurs pays, ne cherchent un jour à faire appliquer la Charia, dans un premier temps, à leur communauté. C'est ce qui a été la raison principale d'un " intégrisme laïc " voulant interdire le port du voile dans les écoles.

Qu'arriverait-il, se demandent certains, si l'islam devenait majoritaire ? Est-ce qu'on assisterait alors à une libanisation ou à une balkanisation de l'Europe ? Ne serait-ce pas aussi cela qui fait craindre à certains l'entrée en Europe d'une Turquie très peuplée et en pleine expansion démographique ?
Ces craintes se sont exprimées par des votes accrus aux partis populistes européens, déclenchant des manifestations " républicaines " de crainte pour la démocratie.

En même temps, le conflit israélo-arabe et les crises qui secouent le monde musulman ont entraîné des actes d'incivilité, des manifestations communautaires et des divisions au sein même des démocraties européennes.

Conclusion:
Le vide spirituel européen.

" Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ". Matthieu (10, 34 - 39).
Le besoin européen de main-d'œuvre est en train de susciter la crainte de l'islam. Quand il y a crainte, il y a inimitié et soupçon. Mais est-ce la faute des musulmans si les Européens ont fait le vide chez eux et ont besoin de main-d'œuvre ?

Comment être civil lorsqu'on est mu par la crainte de perdre les privilèges acquis ? Comment garder ces privilèges quand on a créé un vide démographique, qui ne peut être rempli que par l'importation de main-d'œuvre étrangère, dont la culture, la civilisation et les valeurs sont différentes ? Peut-on forcer les immigrants à changer de culture et d'identité et à renoncer aux absolus de leur religion ?

Certains de mes interlocuteurs rappellent que la France a accueilli des étrangers, en grands nombres et n'a pas changé. Ils citent les invasions germaniques et asiatiques (les Huns).
Ils oublient que la Gaule, à ce moment-là, avait une vie spirituelle florissante et capable de donner à ses conquérants un idéal supérieur au leur.
Or, aujourd'hui, l'Europe a détruit ses croyances et n'a plus comme idéal que la recherche du bonheur matériel. Elle est divisée par les intérêts individuels. Les idéaux de bien commun, de famille, de patrie, de sacrifice ont été remplacés par celui de la recherche effrénée du bonheur personnel.

Les nouveaux arrivants ont, par contre, une religion qui leur enjoint le sacrifice pour le bien de leurs coreligionnaires constitués en Oumma (communauté) universelle. Ils ont une spiritualité qui manque aux Européens et les attire parfois.

Ils jalousent l'Europe pour son bien-être matériel, mais méprisent les Européens à cause de leur déchéance morale qui rappelle les temps de la décadence de l'Empire romain.
Les attaques des médias, contre les valeurs européennes, ne font qu'augmenter leur sentiment de supériorité morale.

De même, les mea culpa européens regardant leur Histoire (les croisades, les guerres de religion, la colonisation) font oublier aux Arabes et aux musulmans les fautes et les crimes commis par leurs ancêtres, au moment de leur grandeur (empires omeyyade et ottoman).
Tout cela crée des craintes, des rancoeurs et des soupçons entre les Européens et la main-d'oeuvre qu'ils sont obligés d'importer.
Tout cela crée des divisions entre Européens nationalistes et républicains laïcs.
Tout cela provoque les germes d'une nouvelle incivilité, voire de nouvelles guerres de religions.

Car, on pourrait craindre que le laïcisme, à la Française, ne tombe dans un intégrisme nihiliste remplaçant Dieu par le néant, nouvelle idole du XXIème siècle.
La seule voie acceptable et humaine, pour l'Europe, est d'arrêter de saper les fondements spirituels et moraux qui ont assuré son expansion.
Il ne s'agit pas de lutter contre la démocratie laïque, mais d'arrêter d'attaquer les valeurs philosophiques, morales et spirituelles, sans lesquelles cette démocratie n'aurait pas existé.

A ce moment, l'Europe, sûre de ses valeurs spirituelles et morales, pourra importer sans crainte, autant de main-d'oeuvre étrangère qu'elle le désire.
Aux valeurs morales des nouveaux arrivants, elle pourra rivaliser avec ses propres valeurs.

Cela lui permettra de renouer de nouveau avec l'expansion démographique.
Ce ne sera pas un nouveau fondamentalisme, mais un retour aux sources pour les faire évoluer vers un renouveau spirituel et moral qui seul peut assurer la pérennité du rayonnement de notre continent.
Le renouveau spirituel de l'Europe pourrait entraîner nos frères musulmans à rechercher, dans une relecture moderne du Coran, les moyens de vivre en paix et en confiance avec leurs concitoyens des autres croyances, mêmes athées.

Le monde a évolué depuis les temps du prophète Mahomet, du Djihad et des croisades. Une religion doit pouvoir évoluer pour rester vivante. Sinon, elle se sclérose. La porte de l'interprétation de la parole d'Allah, fermée par des califes autoritaires, devrait être rouverte pour permettre aux pays musulmans d'entrer de plein pied dans la modernité. Certains penseurs musulmans et non des moindres y ont appelé.

Un renouveau spirituel et moral est donc nécessaire à tous pour que la Méditerranée et le monde entrent dans une ère de prospérité et de paix. 

(fin)


article paru dans La Lettre de l'ADL  jan-fév 2004


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