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      Incivilité et décadence (1ere partie)

Incivilité et décadence (1ere partie)   31/12/2003

Unité de l’Europe et liens civils
Incivilité et décadence
par Roger Akl

La religion et les fondements de la démocratie occidentale.

Définitions.

Le lien civil est le lien qui unit les citoyens entre eux et à l’Etat. Etre civil, c’est être courtois, poli. La civilité est la courtoisie, la politesse. L’incivilité est donc l’opposé.

Dans le cas qui nous concerne, le lien civil parle des relations qui doivent exister entre les citoyens et entre eux et l’Etat, pour le bien commun. L’incivilité est tout ce qui peut nuire à la société.

Quand, dans une société, les liens civils sont forts, la société avance, grandit et s’enrichit. L’état y devient puissant.

Quand les liens deviennent plus lâches, la société commence sa décadence, parallèlement à l’incivilité de ses citoyens.

Situation de l’Europe.

La recherche du plaisir a remplacé celle de s’assurer une descendance nombreuse et d’élever des enfants pour leur transmettre le flambeau de la vie et de l’amélioration de la société nationale et humaine.

Les découvertes de la science (pilule, avortement) et les idéologies de libération sexuelle ont permis d’avoir une vie sexuelle mouvementée, sans en avoir les responsabilités. Les gens ont donc beaucoup moins tendance à fonder des familles et à procréer pour assurer l’avenir.

Ils veulent vivre, s’amuser, devenir riches, voyager, avoir tous les plaisirs de la vie, sans s’occuper du futur ou du bien commun.

Nous avons vu, en Europe, des manifestations de colère et de rancoeur qui n’étaient basées que sur des questions d’intérêts personnels.

Les gens manifestaient et faisaient des grèves pour réclamer à l’Etat leurs droits et leurs privilèges, en oubliant leurs devoirs envers lui. Ils appelaient cela la liberté d’expression. Ils avaient oublié que la liberté d’un individu doit s’arrêter là où commence celle de son concitoyen et l’intérêt commun bien compris de l’ensemble.

La décadence d’un pays commence quand les citoyens ne s’intéressent qu’à leurs droits sans tenir compte de leurs devoirs.

La richesse de l’Occident l’a conduit à une civilisation du bien-être au lieu d’une civilisation du devoir. C’est la course au plaisir qui a entraîné un vide moral sapant les bases mêmes de l’essor et du rayonnement de l’Europe, la poussant à importer une main-d’œuvre étrangère pour continuer à survivre.

Les gouvernements et les partis occidentaux sont donc poussés à la démagogie, pour plaire à une population sans vision. Leurs programmes politiques n’ont plus en vue que leur réélection. Le bien de la nation est remplacé par celui de l’individu et du groupe de pression.

Les moyens de communication de masse sont mis au service d’une civilisation et d’une culture hédoniste, déifiant le plaisir.

Ils ont détruit, dans ce but, toutes les valeurs qui ont fait la puissance de l’Occident, à commencer par ses valeurs religieuses et morales.

Une des méthodes utilisées, par les médias, est la culpabilisation de l’histoire occidentale, en oubliant que les autres peuples ont eu leur part dans les conflits et les crimes de l’humanité, à tel point que nos médias ne parlent que de notre racisme, notre antisémitisme, notre nationalisme, nos crimes, nos croisades, comme si les seuls méchants de la planète étaient les occidentaux chrétiens blancs. C’est de l’auto flagellation, du racisme à rebours.

Comment en est-on arrivé là ?

 L’Occident et le meurtre de son Dieu. 

 " Misère de l’homme sans Dieu, grandeur de l’homme avec Dieu ".
Blaise Pascal

" Ce n’est pas moi qui vous jugerai.
Vos actes vous jugeront ".
Les Evangiles.

" Jekonias, roi de Jérusalem, fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur.
Nabuchodonosor le fit prisonnier... (Et) emporta tous les trésors du Temple,
après avoir brisé tous les objets en or que Salomon
avait fait faire pour le Temple ".
Second livre des Rois (24, 8-17).

Depuis des temps immémoriaux, la puissance d’un Etat était représentée par ses temples et ses dieux. Pour abattre le vaincu, on lui brisait ses dieux.

La civilisation occidentale, en général, et européenne, en particulier, a été bâtie sur la religion chrétienne, elle-même héritière du judaïsme.

Depuis le siècle des Lumières, les critiques de la religion chrétienne ont commencé. Elles ont été transformées en véritable oppression à la Révolution française.

Aujourd’hui, l’oppression de la religion est devenue plus critique, plus ironique, plus fine, plus intellectuelle, plus médiatique, plus moralisante. On critique ses positions pour le droit à la vie, contre la pilule et contre l’avortement. On a même, aux Etats-Unis, accusé l’Eglise catholique " d’assassinat " pour ne pas avoir distribué des préservatifs dans ses dispensaires caritatifs. Ce qui, d’après ses accusateurs, a provoqué la maladie du sida chez certains.

On l’a critiquée pour son interdiction de l’euthanasie, qualifiée de manque de pitié et d’humanité envers les personnes souffrantes sans espoir de guérison et désirant se suicider.

Ses détracteurs ont oublié que l’Eglise catholique s’occupe surtout de morale et de protection de la vie. Elle n’est pas responsable des actions de ceux qui ont des relations sexuelles en dehors du mariage. L’utilisation du préservatif, comme tout acte limitant la procréation, est pour elle immorale et vicieuse. Elle n’est pas la seule religion à le penser.

L’Occident a brisé lui-même les statues de ses dieux. Il n’a pas eu besoin de ses ennemis pour le faire. En brisant ses dieux, l’Occident a détruit les fondements mêmes de sa culture, sa civilisation et sa puissance.

Essayons d’analyser ce qui vient d’être résumé plus haut.

Le Dieu judéo-chrétien est un Dieu d’alliance et d’amour entre Lui et l’homme. Quand on parle d’alliance, le terme égalité vient tout de suite à l’esprit. Le Dieu judéo-chrétien a élevé l’homme jusqu’à son propre niveau. De là découle l’égalité entre les hommes.

Les enseignements du Messie chrétien, " Fils de Dieu et Fils de l’Homme ", ont fait des hommes, tous les hommes, des fils de Dieu, donc frères en Dieu.

De plus, Dieu ne force pas l’homme, dans le christianisme, à lui obéir ou à l’aimer. Il demande et même mendie son amour. Mais Il sait qu’il n’y a pas d’amour sans liberté. C’est pour cela qu’il le laisse libre d’accepter ou de refuser son amour.

Ainsi, les trois termes inscrits aux frontons de la République française ne sont autres que ce que le Dieu judéo-chrétien a enseigné aux hommes.

Quand l’Occident a renié son Dieu pour instituer des idoles de pouvoir, d’argent et de libération sexuelle (ne pas confondre avec liberté), il a renié les bases morales mêmes de sa puissance et de son expansion.

Car, aucune éthique ne peut tenir dans la tempête de ce monde, en transformation permanente, sans fondement philosophique et religieux. En ébranlant la religion, même imparfaite, la morale s’effondre.

Ainsi, la mort de Dieu entraîne la mort de l’homme. Dieu et l’homme ne peuvent vivre qu’ensemble, en Alliance. C’est ce que les anciens avaient compris. C’est ce dont témoigne toute la Bible.

Sans une croyance en ce Dieu libéral, les règles démocratiques et les lois des démocraties nous ramènent à la loi civile, sans le support de la loi divine.

Or la loi civile ne peut qu’imposer son application par la force. Car, un être humain, sans espoir de vie future, ne peut que rechercher, raisonnablement et par tous les moyens possibles, le bien-être dans cette vie. La conscience interne de l’individu, sans religion, n’a plus la même efficacité à auto contrôler ses actes. L’œil de Dieu n’est plus " dans la tombe " pour " regarder Caïn ".

Nous revenons ainsi à la loi de la jungle et à la politique du plus fort et du plus hypocrite.

A suivre...

article paru dans La Lettre de l'ADL  nov-dec 2003


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